Bienvenue!
Pour comprendre ce blog, le premier article à lire est le plus ancien.
L'idée est ensuite de remonter les articles un à un jusqu'au plus récent. Afin de faciliter la lecture j'ai fait un lien vers l'article suivant en bas de chaque page.
J'écris ce billet car je constate, en observant mes statistiques que beaucoup de lecteurs commencent la lecture par le billet le plus récent, ce qui dans le cas de mon blog reviendrait à commencer un repas en mangeant le dessert. ;-)
Bonne lecture! C'est par ici ->
lundi 3 janvier 2011
dimanche 2 janvier 2011
La possibilité d'une île
J'avais fini par m'ennuyer seul dans mon trois pièces, toujours seul. L'hiver dure une éternité dans cette petite station de montagne.
Je pense avoir le droit de prendre quelques vacances... Après tout ça, me direz-vous !
Sur les conseils d'un ami, je décide de le rejoindre sur une île en Thaïlande. Il s'y était établi il y a déjà une année et cela avait l'air de lui plaire. Il ne tarissait pas d'éloges sur ce pays. A force, il réussit à me convaincre de prendre un billet ouvert deux mois. Ca te ferais le plus grand bien qu'il disait.
Et bien il avait 100 % raison. Rien de mieux que le va et viens des vagues au bord de la plage et les filles en maillot de bain en plein mois de décembre pour m'offrir un le répit que je méritais. (J'avais bien sûr emporté mon ordinateur portable au cas où je devais travailler)
Et puis quelques jours passent et c'est le coup de foudre. L'île, ses habitants, la mer, la maison que je loue, tout me paraît limpide, pourquoi n'y ai-je pas pensé avant. Une rencontre plus tard avec celle qui allait devenir ma compagne et tout devenait encore plus clair. J'allais y rester.
J'ai depuis transféré mon entreprise dans ce pays. Je loue une superbe maison à deux pas de la plage. Ca fait un an à l'heure où je vous parle que j'ai élu domicile sur ce petit coin de paradis. J'y suis résolument heureux, loin des tracas du quotidien helvétique et ma nouvelle vie bat son plein. Ma mère nous a rejoint et compte s'y établir six mois par an. Ma copine est très jolie, c'est un ange, je l'adore et elle me le rend bien. Je fais toujours voler mes modèles d'avions et d'hélicoptères et tiens je vais aller enfourcher un jet ski cet après-midi. Je ne m'en lasse pas.
Il est temps de réécrire le titre de mon premier billet qui était:
Je suis malheureux, malade, seul et fauché. Comment ai-je pu en arriver là ? Moi qui pensait être si malin !
Je suis heureux, en pleine forme, amoureux et je ne me soucie plus de l'argent. Comment en suis-je arrivé là ? Toutes les réponses sont dans ce blog ;-)
FIN
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Je pense avoir le droit de prendre quelques vacances... Après tout ça, me direz-vous !
Sur les conseils d'un ami, je décide de le rejoindre sur une île en Thaïlande. Il s'y était établi il y a déjà une année et cela avait l'air de lui plaire. Il ne tarissait pas d'éloges sur ce pays. A force, il réussit à me convaincre de prendre un billet ouvert deux mois. Ca te ferais le plus grand bien qu'il disait.
Et bien il avait 100 % raison. Rien de mieux que le va et viens des vagues au bord de la plage et les filles en maillot de bain en plein mois de décembre pour m'offrir un le répit que je méritais. (J'avais bien sûr emporté mon ordinateur portable au cas où je devais travailler)
Et puis quelques jours passent et c'est le coup de foudre. L'île, ses habitants, la mer, la maison que je loue, tout me paraît limpide, pourquoi n'y ai-je pas pensé avant. Une rencontre plus tard avec celle qui allait devenir ma compagne et tout devenait encore plus clair. J'allais y rester.
J'ai depuis transféré mon entreprise dans ce pays. Je loue une superbe maison à deux pas de la plage. Ca fait un an à l'heure où je vous parle que j'ai élu domicile sur ce petit coin de paradis. J'y suis résolument heureux, loin des tracas du quotidien helvétique et ma nouvelle vie bat son plein. Ma mère nous a rejoint et compte s'y établir six mois par an. Ma copine est très jolie, c'est un ange, je l'adore et elle me le rend bien. Je fais toujours voler mes modèles d'avions et d'hélicoptères et tiens je vais aller enfourcher un jet ski cet après-midi. Je ne m'en lasse pas.
Il est temps de réécrire le titre de mon premier billet qui était:
Je suis malheureux, malade, seul et fauché. Comment ai-je pu en arriver là ? Moi qui pensait être si malin !
Je suis heureux, en pleine forme, amoureux et je ne me soucie plus de l'argent. Comment en suis-je arrivé là ? Toutes les réponses sont dans ce blog ;-)
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De la réalité au rêve
J'ai réalisé pas mal de petits rêves dans ma nouvelle vie, le modélisme en fait partie, j'adore voler avec de petits avions et hélicoptères radio-commandés, mais le plus passionnant a été ma reconversion professionnelle, j'étais graphiste et je suis devenu web designer, j'ai monté ma propre boîte il y a tout juste deux ans.
La création d'une entreprise rentable n'est pas une mince affaire, avant le sevrage, cela aurait été compliqué, et je n'y serait probablement pas parvenu.
La force et l'espoir que j'ai trouvé en moi pour traverser toutes les épreuves liées à mes dépendances, ne m'ont jamais quittées et je m'en sers quotidiennement pour accomplir les tâches qui m'incombent.
Je n'aurais pas rêvé mieux, j'adore mon nouveau métier. Chaque nouveau projet me donne un nouveau souffle. Je suis grisé rien qu'à y penser. J'ai mis mon talent dans ce que je sais faire de mieux, mes clients en sont ravis et c'est un pur bonheur. Je n'ai ni patron, ni réveil matin, mais je peux désormais accomplir de plus grandes choses, je viens de terminer un site internet de 550 pages pour une entreprise de sanitaires. J'aurai travaillé dessus pendant six mois. Je ne pensais pas être capable de mener à bien de tels projets. Quelle satisfaction. Les affaires ne font que s'améliorer et puis l'argent rentre, je n'ai pas à me plaindre.
Que demander de plus ?
Et bien je ne sais pas honnêtement ! Mais vous verrez ce n'est pas fini, il y a de nombreux cadeaux qui m'attendent encore. Des choses que je n'aurais jamais osées imaginer...
Article suivant >>>
La création d'une entreprise rentable n'est pas une mince affaire, avant le sevrage, cela aurait été compliqué, et je n'y serait probablement pas parvenu.
La force et l'espoir que j'ai trouvé en moi pour traverser toutes les épreuves liées à mes dépendances, ne m'ont jamais quittées et je m'en sers quotidiennement pour accomplir les tâches qui m'incombent.
Je n'aurais pas rêvé mieux, j'adore mon nouveau métier. Chaque nouveau projet me donne un nouveau souffle. Je suis grisé rien qu'à y penser. J'ai mis mon talent dans ce que je sais faire de mieux, mes clients en sont ravis et c'est un pur bonheur. Je n'ai ni patron, ni réveil matin, mais je peux désormais accomplir de plus grandes choses, je viens de terminer un site internet de 550 pages pour une entreprise de sanitaires. J'aurai travaillé dessus pendant six mois. Je ne pensais pas être capable de mener à bien de tels projets. Quelle satisfaction. Les affaires ne font que s'améliorer et puis l'argent rentre, je n'ai pas à me plaindre.
Que demander de plus ?
Et bien je ne sais pas honnêtement ! Mais vous verrez ce n'est pas fini, il y a de nombreux cadeaux qui m'attendent encore. Des choses que je n'aurais jamais osées imaginer...
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Architecte de ma nouvelle vie
Comme une renaissance, la vie devait être réapprise, les bases de ma réussite future avaient été posées en tant que fondations, il allait falloir y construire quelque chose de solide et de confortable en évitant de reproduire les erreurs que j'avais commises. Il ne s'agit pas de construire une nouvelle vie, mais plutôt de rénover l'ancienne. Le maitre mot est assainissement.
Les amis et la famille
Je précise que j'avais rompu le contact avec la famille et les amis le temps du sevrage en demandant à ne pas recevoir de visites à l'institution.
Heureusement au niveau de la famille on ne repart jamais vraiment de zéro, cependant il m'était devenu difficile de retourner voir certains amis restés dans le milieu. Bien que je l'aie fait à quelques reprises, je me suis le plus souvent borné à donner de mes nouvelles. Je devais rencontrer de nouvelles personnes et aussi me protéger de l'influence des anciens amis un certain temps, mon objectif était clair et personne ne devait y faire obstacle. Le temps ayant fait son oeuvre, les bons amis sont restés et je n'ai que très peu revu les autres, faute de ne plus fréquenter les mêmes endroits.
Le travail
Après sept mois dans l'entreprise de création graphique qui m'avait accueillis directement après ma cure, j'ai eu une proposition intéressante, une entreprise de cosmétiques m'offrait un poste de chargé de communication, avec la possibilité de créer des locaux à deux pas de chez moi et un salaire plus important. On m'a donné un budget pour aménager mon nouveau bureau avec du matériel flambant neuf, une petite cafétéria et un coin salon / conférence. Les défis étaient stimulants et l'ambition internationale de la marque était un plus, il fallait collaborer avec différents importateurs sur tous les continents afin de réaliser pour eux les différents supports publicitaires, packaging, sites internet, catalogues, je m'occupais des dossiers pour la presse et j'avais un contact permanent avec la direction. J'ai même organisé un shooting photo...
Le cadre de vie
L'appartement que je partageais en collocation était assez mal aménagé, ou plutôt très bien aménagé pour faire la foire. J'ai fini par me séparer de mon colocataire, ce qui m'a permis de le réaménager de fond en combles. Couleurs vives sur les murs, mobilier modernes, moquettes cosy et un peu d'art... J'avais un rêve secret ;-) Y accueillir une âme sœur.
L'amour
Les sentiments amoureux ne sont pas étrangers à ma dégringolade vers les substances et les substances pas étrangères au déclin de mes relations, bien que le processus avait été engagé longtemps auparavant. Ma première déception amoureuse (dont je me considère comme le responsable de la débâcle) avait fini de m'achever et avait précipité ma chute dans l'abîme des paradis artificiels. Je n'avais à partir de là pas eu de relation proprement satisfaisantes, ou du moins assez durable pour le devenir. Je faisais face à une certaine ambivalence, d'un côté je souffrais d'un manque affectif et d'un autre je n'étais pas prêt à me jeter à l'eau à nouveau. Ce vide affectif a duré dix ans de 21 ans à 31 ans. Quand je parle de vide affectif, cela ne signifie pas que je n'ai pas eu de relations, mais que leur qualité ne me satisfaisait pas. A un moment du traitement on m'a dit que je devais commencer par prendre une plante (verte) et que si elle était toujours là au bout d'un an, je pourrais adopter un animal et que si l'an d'après l'animal et la plante était toujours là je pourrais éventuellement envisager une relation amoureuse. Ca m'a fait penser que peu avant notre rupture ma première amoureuse m'avait offert "Le Petit Prince" de St Exupéry. Je crois que je vois où elle voulait en venir et j'ai un peu honte je dois dire. J'ai maintenant la chance de vivre une très belle relation mais j'y reviendrai plus loin.
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Les amis et la famille
Je précise que j'avais rompu le contact avec la famille et les amis le temps du sevrage en demandant à ne pas recevoir de visites à l'institution.
Heureusement au niveau de la famille on ne repart jamais vraiment de zéro, cependant il m'était devenu difficile de retourner voir certains amis restés dans le milieu. Bien que je l'aie fait à quelques reprises, je me suis le plus souvent borné à donner de mes nouvelles. Je devais rencontrer de nouvelles personnes et aussi me protéger de l'influence des anciens amis un certain temps, mon objectif était clair et personne ne devait y faire obstacle. Le temps ayant fait son oeuvre, les bons amis sont restés et je n'ai que très peu revu les autres, faute de ne plus fréquenter les mêmes endroits.
Le travail
Après sept mois dans l'entreprise de création graphique qui m'avait accueillis directement après ma cure, j'ai eu une proposition intéressante, une entreprise de cosmétiques m'offrait un poste de chargé de communication, avec la possibilité de créer des locaux à deux pas de chez moi et un salaire plus important. On m'a donné un budget pour aménager mon nouveau bureau avec du matériel flambant neuf, une petite cafétéria et un coin salon / conférence. Les défis étaient stimulants et l'ambition internationale de la marque était un plus, il fallait collaborer avec différents importateurs sur tous les continents afin de réaliser pour eux les différents supports publicitaires, packaging, sites internet, catalogues, je m'occupais des dossiers pour la presse et j'avais un contact permanent avec la direction. J'ai même organisé un shooting photo...
Le cadre de vie
L'appartement que je partageais en collocation était assez mal aménagé, ou plutôt très bien aménagé pour faire la foire. J'ai fini par me séparer de mon colocataire, ce qui m'a permis de le réaménager de fond en combles. Couleurs vives sur les murs, mobilier modernes, moquettes cosy et un peu d'art... J'avais un rêve secret ;-) Y accueillir une âme sœur.
L'amour
Les sentiments amoureux ne sont pas étrangers à ma dégringolade vers les substances et les substances pas étrangères au déclin de mes relations, bien que le processus avait été engagé longtemps auparavant. Ma première déception amoureuse (dont je me considère comme le responsable de la débâcle) avait fini de m'achever et avait précipité ma chute dans l'abîme des paradis artificiels. Je n'avais à partir de là pas eu de relation proprement satisfaisantes, ou du moins assez durable pour le devenir. Je faisais face à une certaine ambivalence, d'un côté je souffrais d'un manque affectif et d'un autre je n'étais pas prêt à me jeter à l'eau à nouveau. Ce vide affectif a duré dix ans de 21 ans à 31 ans. Quand je parle de vide affectif, cela ne signifie pas que je n'ai pas eu de relations, mais que leur qualité ne me satisfaisait pas. A un moment du traitement on m'a dit que je devais commencer par prendre une plante (verte) et que si elle était toujours là au bout d'un an, je pourrais adopter un animal et que si l'an d'après l'animal et la plante était toujours là je pourrais éventuellement envisager une relation amoureuse. Ca m'a fait penser que peu avant notre rupture ma première amoureuse m'avait offert "Le Petit Prince" de St Exupéry. Je crois que je vois où elle voulait en venir et j'ai un peu honte je dois dire. J'ai maintenant la chance de vivre une très belle relation mais j'y reviendrai plus loin.
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Le suivi et la volonté
Un groupe de parole est imposé, une fois par semaine et cela pendant les deux ans qui suivront l'étape résidentielle. L'idée étant de ne pas être remis dans la nature sans avoir un suivi adéquat, car le risque de rechute est statistiquement élevé. Pour ma part, je suis convaincu de ne pas en avoir besoin, j'ai compris, je me suis brulé et je ne mettrai plus la main dans le feu. Je sais où je veux aller.
Ces séances sont relativement loin de chez moi, à une heure et demie de train. Le billet de train n'est pas donné et je m'y ennuie, il m'est même assez pénible d'entendre les autres se plaindre de la difficulté à rester sobre. Pour moi c'est de l'histoire ancienne.
De plus on m'y reproche d'avoir repris la consommation d'herbe (modérée) chose que j'ai finalement arrêté par la suite. Je crois que ça m'a permis de faire tampon pendant un moment, il est tout de même extrêmement difficile de passer du tout au rien d'un jour à l'autre. Mais à terme je vise vraiment l'esprit sain dans le corps sain. En 2010, j'ai arrêté la cigarette, mais après six mois j'ai recommencé. S'il y a une chose que j'ai apprise, c'est qu'une guerre ne se gagne pas en une seule bataille. Il faut parfois s'y reprendre à plusieurs fois. Mais lorsque l'on a vraiment foi en nous, tout deviens plus facile.
Ce qui m'amène à parler de la volonté. On utilise ce terme à outrance je crois.
On entend souvent, il lui manque un peu de volonté, il mériterait un coup de pied au cul. Mais c'est en fait une réaction simpliste.
La volonté s'applique à des choses simples, j'ai la volonté de faire le ménage ou de laver ma voiture, je le veux donc je le fais et ça me procure même du plaisir. La volonté s'applique aussi à de plus grandes choses, la volonté d'aider une personne, de construire un meilleur futur, etc.. Ceci dit elle ne s'applique absolument pas lorsque la difficulté dépasse ce que l'on peut affronter. Et c'est bien là ou est le problème. Il faut être aidé. J'ai été aidé car j'ai demandé de l'aide, mais même ça ce n'est pas facile. Cela implique de pouvoir mettre un nom sur son état, je suis un alcoolique et je n'ai pas honte de le dire. La volonté vient ensuite et n'est en rien l'élément déclencheur. Par contre, pour ceux d'entres vous qui n'avez pas de problème de dépendance, vous pouvez avoir la volonté d'aider quelqu'un qui en souffre.
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Mon but est désormais de reconstruire ma vie.
De plus on m'y reproche d'avoir repris la consommation d'herbe (modérée) chose que j'ai finalement arrêté par la suite. Je crois que ça m'a permis de faire tampon pendant un moment, il est tout de même extrêmement difficile de passer du tout au rien d'un jour à l'autre. Mais à terme je vise vraiment l'esprit sain dans le corps sain. En 2010, j'ai arrêté la cigarette, mais après six mois j'ai recommencé. S'il y a une chose que j'ai apprise, c'est qu'une guerre ne se gagne pas en une seule bataille. Il faut parfois s'y reprendre à plusieurs fois. Mais lorsque l'on a vraiment foi en nous, tout deviens plus facile.
Ce qui m'amène à parler de la volonté. On utilise ce terme à outrance je crois.
On entend souvent, il lui manque un peu de volonté, il mériterait un coup de pied au cul. Mais c'est en fait une réaction simpliste.
La volonté s'applique à des choses simples, j'ai la volonté de faire le ménage ou de laver ma voiture, je le veux donc je le fais et ça me procure même du plaisir. La volonté s'applique aussi à de plus grandes choses, la volonté d'aider une personne, de construire un meilleur futur, etc.. Ceci dit elle ne s'applique absolument pas lorsque la difficulté dépasse ce que l'on peut affronter. Et c'est bien là ou est le problème. Il faut être aidé. J'ai été aidé car j'ai demandé de l'aide, mais même ça ce n'est pas facile. Cela implique de pouvoir mettre un nom sur son état, je suis un alcoolique et je n'ai pas honte de le dire. La volonté vient ensuite et n'est en rien l'élément déclencheur. Par contre, pour ceux d'entres vous qui n'avez pas de problème de dépendance, vous pouvez avoir la volonté d'aider quelqu'un qui en souffre.
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La sortie
Le retour chez moi est source d'anxiété, je suis sobre depuis cinq semaines et ma consommation d'anxiolytique a été méticuleusement réduite jour après jour de dix comprimés à un seul. Mais une attaque de panique survient au moment du départ, elle est très violente. A ce moment-là j'ai peur de ne pas avoir tout à fait réglé le problème des anxiolytiques et j'ai surtout peur que ces crises me suivent toute ma vie.
Cela dit, à ma grande surprise, je n'ai pas retouché un comprimé depuis (à part pour prendre l'avion ;-) Le confort de mon foyer, après un mois à avoir tout partagé avec des inconnus sera salutaire. Je dors bien, je mange le matin et mes premières journées sont remplies de petits cadeaux, je vois la vie vraiment différemment.
Je me dis que tout ce que je vis à partir de là n'est que bonus. Une chose est sûre, rien sera plus comme avant.
Je suis dégouté par l'alcool, à ce moment-là je ne peux pas imaginer en consommer à nouveau un jour. La cure a réussi. Il faudra trois ans pour que je puisse déguster à nouveau un verre de vin entre amis, mais je ne sombrerai plus dans l'addiction. A l'heure actuelle quatre ans après la cure, ça reste exceptionnel. Je dois le savourer.
En aucun cas je réutiliserai une substance comme béquille. Ca doit être du pur plaisir.
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Cela dit, à ma grande surprise, je n'ai pas retouché un comprimé depuis (à part pour prendre l'avion ;-) Le confort de mon foyer, après un mois à avoir tout partagé avec des inconnus sera salutaire. Je dors bien, je mange le matin et mes premières journées sont remplies de petits cadeaux, je vois la vie vraiment différemment.
Je me dis que tout ce que je vis à partir de là n'est que bonus. Une chose est sûre, rien sera plus comme avant.
L'entreprise que j'avais contacté une semaine avant de sortir, m'offre une place de travail la semaine suivante. J'y avais déjà travaillé et ils savent ce que j'ai vécu. Parallèlement je suis censé garder un contact ambulatoire avec le centre pendant deux ans, à raison d'un soir par semaine de groupe de parole, mais nous y reviendrons.
Tout ne se passera pas comme prévu, je ne suis pas encore prêt assumer un poste et des responsabilités à 100 % une pause est faite puis je réintègrerai cette même entreprise après quelques mois.
En aucun cas je réutiliserai une substance comme béquille. Ca doit être du pur plaisir.
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Le reste de la cure
Maintenant que j'avais saisi l'essentiel de la démarche à accomplir, j'allais pouvoir travailler à mon rétablissement.
Les cours dispensés sont très instructifs. Bien qu'il me soit pénible de me concentrer, la salle de classe est un lieu plutôt relax en comparaison des groupes de paroles. On y apprend en détail, le fonctionnement des substances psychotrope et leurs effets à court, moyen et long terme sur le corps et le mental. On appréhende les mécanismes sournois qui mènent vers la dépendance. L'approche est scientifique, ce qui a pour effet de nous déculpabiliser. Accessoirement on réapprend à se nourrir, dans le cadre d'un cour relativement poussé d'alimentation. On constitue un classeur (assez épais) que l'on pourra emporter à la maison.
Le fitness, deux fois par semaine me fait comprendre que mon corps n'est plus qu'une ombre.
Il faut réapprendre à vivre avec un esprit sain dans un corps sain.
D'emblée, le ton est donné. Pas question de séparer la théorie de la pratique, le corps et ses émotions, le physique et le mental. Tout est lié, c'est en s'occupant un petit peu de chacun de ses aspects de notre être que l'on pourra améliorer sa santé générale.
Les bains thermaux me font un bien fou, c'est l'hiver dehors et dans mon coeur ce n'est guerre mieux. La brume et l'eau tiède du bassin me bercent, comme si je vivais une nouvelle gestation. Je me sens faible et fragile, sans défenses, mais comme un nouveau né je sais que tout va prendre du sens, ma nouvelle vie a commencé. Je suis passé par le chat de l'aiguille une seconde fois, c'est ma deuxième chance.
L'etablissement convoque ma mère, afin de la préparer un peu à ce changement. Ca a dû être impressionnant de son point de vue car après à peine trois semaines j'étais comme reprogrammé, métamorphosé. Mais plus au stade chrysalide que papillon, si vous voyez ce que je veux dire.
A ce moment-là je ne sais pas combien de temps il me faudra pour redevenir quelqu'un, pour cesser de souffrir, tout simplement. Certain disent deux ans d'autres trois, d'autres huit. Mais tous s'accordent à penser que rien n'est acquis. La rechute nous guette dès notre retour chez nous. Elle pourrait survenir à n'importe quel moment, sans crier gare ! Certains auraient même été abstinents plus de 15 ans et auraient rechuté soudainement.
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Les cours dispensés sont très instructifs. Bien qu'il me soit pénible de me concentrer, la salle de classe est un lieu plutôt relax en comparaison des groupes de paroles. On y apprend en détail, le fonctionnement des substances psychotrope et leurs effets à court, moyen et long terme sur le corps et le mental. On appréhende les mécanismes sournois qui mènent vers la dépendance. L'approche est scientifique, ce qui a pour effet de nous déculpabiliser. Accessoirement on réapprend à se nourrir, dans le cadre d'un cour relativement poussé d'alimentation. On constitue un classeur (assez épais) que l'on pourra emporter à la maison.
Le fitness, deux fois par semaine me fait comprendre que mon corps n'est plus qu'une ombre.
Il faut réapprendre à vivre avec un esprit sain dans un corps sain.
D'emblée, le ton est donné. Pas question de séparer la théorie de la pratique, le corps et ses émotions, le physique et le mental. Tout est lié, c'est en s'occupant un petit peu de chacun de ses aspects de notre être que l'on pourra améliorer sa santé générale.
Les bains thermaux me font un bien fou, c'est l'hiver dehors et dans mon coeur ce n'est guerre mieux. La brume et l'eau tiède du bassin me bercent, comme si je vivais une nouvelle gestation. Je me sens faible et fragile, sans défenses, mais comme un nouveau né je sais que tout va prendre du sens, ma nouvelle vie a commencé. Je suis passé par le chat de l'aiguille une seconde fois, c'est ma deuxième chance.
L'etablissement convoque ma mère, afin de la préparer un peu à ce changement. Ca a dû être impressionnant de son point de vue car après à peine trois semaines j'étais comme reprogrammé, métamorphosé. Mais plus au stade chrysalide que papillon, si vous voyez ce que je veux dire.
A ce moment-là je ne sais pas combien de temps il me faudra pour redevenir quelqu'un, pour cesser de souffrir, tout simplement. Certain disent deux ans d'autres trois, d'autres huit. Mais tous s'accordent à penser que rien n'est acquis. La rechute nous guette dès notre retour chez nous. Elle pourrait survenir à n'importe quel moment, sans crier gare ! Certains auraient même été abstinents plus de 15 ans et auraient rechuté soudainement.
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Honnêteté et espoir
Le déclic et la prise de conscience, sont très très importants. Ce sera un moteur indispensable à la réussite de mon nouveau projet de vie.
Je vous ai expliqué comment est venu ce déclic dans le post précédant, mais qu'est-ce que c'est au juste ?
Pour moi, tout est question d'honnêteté, envers les autres et aussi envers soi-même. L'honnêteté est le premier des respects. Respect de soi et respect des autres. Avec l'alcool je ne respectais plus rien ni personne, j'avais totalement perdu le sens des responsabilités.
Il convient maintenant de me convaincre avec le plus d'honnêteté possible que je veuille faire ce changement de vie radical.
Je dois trouver en moi une honnêteté très profondément enfouie dans la fourberie inhérente à mon état.
Ce déclic m'a aussi apporté de l'espoir, car je me suis tout de suite senti comme canalisé, c'est-à-dire qu'avant, je partais dans tous les sens, je gaspillais mon énergie à faire face aux problèmes que l'alcool me causait au quotidien. Dès lors je n'aurais plus qu'à focaliser toutes mes forces sur un seul objectif, mon rétablissement. Je sens que j'avance dans la bonne direction. Mon corps est toujours malade, mais mon coeur a trouvé une voie.
L'espoir est maintenant pour moi une question de vie ou de mort. Sans espoir je recommence à m'auto-détruire. Il s'agit d'y croire et de le cultiver. Alors que cet espoir se renforce de jour en jour, j'ai de plus en plus foi en moi. Depuis cet instant je deviens l'artisan de mon rétablissement, alors que plus tôt je n'étais que le spectateur de ma maladie. Oui l'alcoolisme et les autres dépendances sont des maladies. Ca ne fait aucun doute.
Ca fait maintenant 3 semaines que je n'ai pas bu une goutte de vin, pas même un dé à coudre de bière. Pour quelqu'un qui a l'habitude de se murger en permanence croyez-moi ça a laissé un grand vide en moi.
Je vous ai expliqué comment est venu ce déclic dans le post précédant, mais qu'est-ce que c'est au juste ?
Pour moi, tout est question d'honnêteté, envers les autres et aussi envers soi-même. L'honnêteté est le premier des respects. Respect de soi et respect des autres. Avec l'alcool je ne respectais plus rien ni personne, j'avais totalement perdu le sens des responsabilités.
Il convient maintenant de me convaincre avec le plus d'honnêteté possible que je veuille faire ce changement de vie radical.
Je dois trouver en moi une honnêteté très profondément enfouie dans la fourberie inhérente à mon état.
Ce déclic m'a aussi apporté de l'espoir, car je me suis tout de suite senti comme canalisé, c'est-à-dire qu'avant, je partais dans tous les sens, je gaspillais mon énergie à faire face aux problèmes que l'alcool me causait au quotidien. Dès lors je n'aurais plus qu'à focaliser toutes mes forces sur un seul objectif, mon rétablissement. Je sens que j'avance dans la bonne direction. Mon corps est toujours malade, mais mon coeur a trouvé une voie.
L'espoir est maintenant pour moi une question de vie ou de mort. Sans espoir je recommence à m'auto-détruire. Il s'agit d'y croire et de le cultiver. Alors que cet espoir se renforce de jour en jour, j'ai de plus en plus foi en moi. Depuis cet instant je deviens l'artisan de mon rétablissement, alors que plus tôt je n'étais que le spectateur de ma maladie. Oui l'alcoolisme et les autres dépendances sont des maladies. Ca ne fait aucun doute.
Ca fait maintenant 3 semaines que je n'ai pas bu une goutte de vin, pas même un dé à coudre de bière. Pour quelqu'un qui a l'habitude de se murger en permanence croyez-moi ça a laissé un grand vide en moi.
Comme un trou béant dans ma poitrine, je suis abandonné par ma vielle maitresse, la bouteille. Exit donc la béquille que constituait l'alcool, il n'y a désormais que sur mon courage que je dois compter.
L'espoir n'a pas rempli mon vide, il m'a permis d'avancer et si tant est que l'on avance avec des actions positives alors on remplit notre vide d'un historique de bonnes choses qui finissent par rayonner sur notre visage.
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L'espoir n'a pas rempli mon vide, il m'a permis d'avancer et si tant est que l'on avance avec des actions positives alors on remplit notre vide d'un historique de bonnes choses qui finissent par rayonner sur notre visage.
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Le point de non retour
Après ces deux premières semaines (voir article précédant) j'étais épuisé moralement, mais aussi physiquement. L'arrêt brusque des substances avaient provoqué chez moi une sorte d'insomnie persistante, je ne dormais pas plus de deux ou trois heures, je suis même resté éveillé plusieurs jours de suite sans trouver le sommeil.
Dans ces circonstances, si l'on ajoute la pression permanente des évaluations et des thérapies, il n'a fallu qu'un événement pour provoquer ce que tous les thérapeutes attendaient de moi. La rupture.
Un incident s'est produit: une personne particulièrement nerveuse dans le groupe à violemment pris a parti une fille déjà très affectée par ce qu'elle vivait dans le centre. Il n'y a heureusement pas eu d'agression physique, mais il s'en est fallu de peu. Le grand gaillard à pété les plombs et s'est pratiquement jeté sur la pauvre fille. S'en était assez. Mes nerfs ont lachés, je me suis très fortement impliqué dans les événements qui allaient suivre. Je ne pouvais tolérer que cet individu, que je considérais alors comme potentiellement dangereux puisse poursuivre sa thérapie au sein de notre groupe, sans qu'aucune sanction ne soit prise à son égard. Je suis allé voir la direction et j'ai exigé qu'il soit renvoyé, ou au minimum suspendu. On m'a répondu que rien d'irréparable n'avait été commis (avec le recul j'en conviens) et que ce membre du groupe continuerait sa thérapie, on lui attribuerait même une chambre pour lui seul.
J'avais craqué. J'étais hors de moi et j'en mettais la responsabilité sur le gars en question. (Mais c'était mal comprendre ce qui était en train de m'arriver). J'ai décidé à ce moment-là de quitter le centre. Je ne croyais plus en ce lieu qui pour moi avait été le théâtre d'une injustice. Je suis monté dans ma chambre et j'ai commencé à rassembler mes affaires. Alors que je bouclais ma valise un psychologue a frappé à ma porte et a tenté, en vain de me convaincre de rester. Mais la colère que j'avais en moi ne cessait de grandir. Elle n'avait manifestement plus rien à voir avec l'incident précité.
Moi, ma colère et ma valise sommes descendu et je suis allé sonner à la permanence afin de rendre les clés de ma chambre. On m'a répondu que c'était dommage, qu'ils avaient été avertis de ce qui s'était passé et qu'avant de pouvoir sortir je devrais signer une décharge, qui libérait l'établissement de toute responsabilité. Ca m'a paru normal. On m'a dit aussi que de cette manière je renonçais à mon rétablissement et que j'allais sortir d'ici autant malade que lorsque j'y suis entré. On m'a ensuite proposé de réfléchir une dernière fois, le temps d'une cigarette sur la terrasse avant de signer ce document. J'ai accepté, mais refusé que l'on m'accompagne. Ceci dit un stagiaire qui était là à ce moment précis m'a accompagné malgré tout. Ce qui suivra sera la clé de voute de ma "guérison".
J'avais accumulé non seulement pendant ces deux premières semaines, mais tout au long de ma carrière d'alcoolique, un tas incommensurable de frustrations, de sentiments d'injustices, de colères et tous ces mauvais sentiments, que j'avais pris soin de régulièrement balayer sous le tapis ou du moins filtrer à travers le prisme des différents produits psychotropes que j'avais l'habitude de me mettre derrière le plastron, tous ces sentiments négatifs enfouis pour certains de longue date, étaient sur le point de jaillir hors de moi comme si j'explosais.
J'ai fondu en larme, je me suis mis à crier, j'ai gueulé un tas de vielles peines que j'avais en moi sans discontinuer pendant 30 minutes, tout y est passé, la mort de mon père, toutes mes erreurs passées et une quantité d'autres choses. Je me vidais littéralement et plus je sortais tout ça, plus je me sentais léger, comme si les peines et les douleurs d'une vie entière s'envolaient par-dessus mes épaules. J'ai fini par me calmer, mais je pleurais encore, sans que je puisse le contrôler, je suis allé poser ma valise dans ma chambre et suis retourné avec les autres, qui devaient tous rédiger un texte sur l'agression qui avait eu lieu le matin, je me suis mis à écrire dans la continuité de ce qui était sorti et mes larmes intarissables se sont mêlées à mes lettres maladroites encore deux heures durant.
Mais j'étais en paix, quelque chose avait changé en moi, j'avais compris que quoi qu'il arrive, tout serait désormais différent. J'allais me soigner et changer de vie, j'allais me dresser contre mes propres souffrances et ne les laisserais plus jamais prendre le dessus sur ma vie.
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Dans ces circonstances, si l'on ajoute la pression permanente des évaluations et des thérapies, il n'a fallu qu'un événement pour provoquer ce que tous les thérapeutes attendaient de moi. La rupture.
Un incident s'est produit: une personne particulièrement nerveuse dans le groupe à violemment pris a parti une fille déjà très affectée par ce qu'elle vivait dans le centre. Il n'y a heureusement pas eu d'agression physique, mais il s'en est fallu de peu. Le grand gaillard à pété les plombs et s'est pratiquement jeté sur la pauvre fille. S'en était assez. Mes nerfs ont lachés, je me suis très fortement impliqué dans les événements qui allaient suivre. Je ne pouvais tolérer que cet individu, que je considérais alors comme potentiellement dangereux puisse poursuivre sa thérapie au sein de notre groupe, sans qu'aucune sanction ne soit prise à son égard. Je suis allé voir la direction et j'ai exigé qu'il soit renvoyé, ou au minimum suspendu. On m'a répondu que rien d'irréparable n'avait été commis (avec le recul j'en conviens) et que ce membre du groupe continuerait sa thérapie, on lui attribuerait même une chambre pour lui seul.
J'avais craqué. J'étais hors de moi et j'en mettais la responsabilité sur le gars en question. (Mais c'était mal comprendre ce qui était en train de m'arriver). J'ai décidé à ce moment-là de quitter le centre. Je ne croyais plus en ce lieu qui pour moi avait été le théâtre d'une injustice. Je suis monté dans ma chambre et j'ai commencé à rassembler mes affaires. Alors que je bouclais ma valise un psychologue a frappé à ma porte et a tenté, en vain de me convaincre de rester. Mais la colère que j'avais en moi ne cessait de grandir. Elle n'avait manifestement plus rien à voir avec l'incident précité.
Moi, ma colère et ma valise sommes descendu et je suis allé sonner à la permanence afin de rendre les clés de ma chambre. On m'a répondu que c'était dommage, qu'ils avaient été avertis de ce qui s'était passé et qu'avant de pouvoir sortir je devrais signer une décharge, qui libérait l'établissement de toute responsabilité. Ca m'a paru normal. On m'a dit aussi que de cette manière je renonçais à mon rétablissement et que j'allais sortir d'ici autant malade que lorsque j'y suis entré. On m'a ensuite proposé de réfléchir une dernière fois, le temps d'une cigarette sur la terrasse avant de signer ce document. J'ai accepté, mais refusé que l'on m'accompagne. Ceci dit un stagiaire qui était là à ce moment précis m'a accompagné malgré tout. Ce qui suivra sera la clé de voute de ma "guérison".
J'avais accumulé non seulement pendant ces deux premières semaines, mais tout au long de ma carrière d'alcoolique, un tas incommensurable de frustrations, de sentiments d'injustices, de colères et tous ces mauvais sentiments, que j'avais pris soin de régulièrement balayer sous le tapis ou du moins filtrer à travers le prisme des différents produits psychotropes que j'avais l'habitude de me mettre derrière le plastron, tous ces sentiments négatifs enfouis pour certains de longue date, étaient sur le point de jaillir hors de moi comme si j'explosais.
J'ai fondu en larme, je me suis mis à crier, j'ai gueulé un tas de vielles peines que j'avais en moi sans discontinuer pendant 30 minutes, tout y est passé, la mort de mon père, toutes mes erreurs passées et une quantité d'autres choses. Je me vidais littéralement et plus je sortais tout ça, plus je me sentais léger, comme si les peines et les douleurs d'une vie entière s'envolaient par-dessus mes épaules. J'ai fini par me calmer, mais je pleurais encore, sans que je puisse le contrôler, je suis allé poser ma valise dans ma chambre et suis retourné avec les autres, qui devaient tous rédiger un texte sur l'agression qui avait eu lieu le matin, je me suis mis à écrire dans la continuité de ce qui était sorti et mes larmes intarissables se sont mêlées à mes lettres maladroites encore deux heures durant.
Mais j'étais en paix, quelque chose avait changé en moi, j'avais compris que quoi qu'il arrive, tout serait désormais différent. J'allais me soigner et changer de vie, j'allais me dresser contre mes propres souffrances et ne les laisserais plus jamais prendre le dessus sur ma vie.
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Les deux premières semaines du programme
Cure de désintoxication: mode d'emploi
6h30 Réveil (une sonnerie qui retentit dans tout le bâtiment)
7h00 Petit-déjeuner comme à l'hôtel ;-)
7h30 Appel
7h45 Marche (tour du quartier)
8h15 Début des activités
Les activités qui durent jusqu'au souper (avec une pause de 45mn) pour manger sont diverses et variées. Elles se déclinent en trois catégories:
Les groupes de parole (feu de camp)
Les ateliers ou cours
Les activités sportives
On y trouve par exemple de l'addictologie, de l'alcoologie, de la musicothérapie, cours de conscience de soi, de l'alimentation, de la vidéo (jeux de rôles avec caméra), des bains thermaux, du fitness... et plein d'autres.
L'équipe est composée de psychiatres, de psychologues, d'une infirmière, de spécialistes en addictologie, d'intervenants en dépendance, de stagiaires, de surveillants, sans oublier l'équipe de nettoyage et de maintenance et les cuisiniers. Certains stagiaires et surveillants se relayant afin d'assurer une permanence 24/24.
Théoriquement, ce n'est pas de l'enfermement. Nous sommes libres de sortir tous les jours, cependant c'est fortement déconseillé dès le début. En cas de sortie, le pensionnaire doit être accompagné et se soumettre dès son retour à tous les tests correspondants aux substances décelées à son jour d'arrivée. Dans mon cas ça voulait probablement dire pipi test, ethylomètre et prise de sang pour les enzymes GamaGT tout ça pour sortir une demi heure. On comprend alors que beaucoup n'ont pas faits usage de leur droit de sortie. Le peu qui l'on fait en ont pour la plupart profité pour faire des entorses à leur engagement. Il faut comprendre qu'à ce moment-là, même si je suis déterminé à en finir avec la bouteille, toute tentation aurait été difficile à gérer. L'abstinence n'est pas inconfortable, mais au début il faut mieux être dans un environnement protégé.
Une chose à savoir, c'est que je suis entré en cure, dans le but de stopper ma consommation excessive d'alcool, j'aurais par contre bien voulu continuer à fumer un petit pétard conique de temps en temps. Mais il ne faut pas rêver. C'est tout où rien. D'ailleurs, il en va de la guérison des autres pensionnaires, la plupart sont là pour l'alcool, mais pas tous, d'autre pour l'herbe, ou l'héroïne, ils acceptent même les accros au sexe ou au jeu je suppose. Certains, comme moi d'ailleurs, cumulent les addictions.
En parlant de sexe c'est interdit dans la maison, tout comme le téléphone portable, l'ordinateur et tout ce qui peut amener à un contact vers l'extérieur. Les relations "privilégiées" sont d'ailleurs sanctionnées (pas de sortie du weekend).
Le premier weekend se passe à l'intérieur, le deuxième est accordé seulement en cas de bonne conduite. Mais il y a diverses activités proposées dans le cadre de la fondation, des sorties bowling ou cinéma, visite de musée on peut tout demander. Un terrain de pétanque est à disposition, (le pastis n'est pas fournis), un billard, un sauna et quelques autres truc sont disponibles à volonté. Il n'y a pas de couvre-feu. La fumée est interdite dans le bâtiment, mais une petite pièce y est dédiée.
Les groupes de paroles sont les activités les plus difficiles. Nous sommes généralement des petits groupes de cinq à six personnes. Beaucoup de choses se disent, parfois de gros morceaux sortent, sur l'enfance d'un tel qui a subit des abus, ou autres choses sordides. Mentalement c'est très éprouvant, les gens arrivent avec leur valises pleines de casseroles. Mais les liens se resserrent et les groupes deviennent très soudés, un peu comme une famille. Il peut y avoir des conflits aussi.
Le soir on en reparle en jouant à un Trivial Pursuit, ou autour du billard parfois l'émotion est à son comble, la somme de souffrance autour de moi était parfois considérable, des concepts comme le désespoir peuvent devenir palpables au point de raréfier l'atmosphère. Les langues se délient au fil des jours, chacun raconte son histoire et la redécouvre dans un environnement protégé.
Au fur et à mesure les progrès se font sentir et une évaluation régulière de nos répondants nous est soumise. L'émotion est hissée au rang de valeur fondamentale pour notre rétablissement, le but étant de la mener à son paroxysme. On cherche clairement à nous faire craquer. La seule évasion possible est la salle télé, mais là encore, c'est en commun.
Cet examen de conscience est sans doute le plus long et le plus intense que je ferai de ma vie.
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6h30 Réveil (une sonnerie qui retentit dans tout le bâtiment)
7h00 Petit-déjeuner comme à l'hôtel ;-)
7h30 Appel
7h45 Marche (tour du quartier)
8h15 Début des activités
Les activités qui durent jusqu'au souper (avec une pause de 45mn) pour manger sont diverses et variées. Elles se déclinent en trois catégories:
Les groupes de parole (feu de camp)
Les ateliers ou cours
Les activités sportives
On y trouve par exemple de l'addictologie, de l'alcoologie, de la musicothérapie, cours de conscience de soi, de l'alimentation, de la vidéo (jeux de rôles avec caméra), des bains thermaux, du fitness... et plein d'autres.
L'équipe est composée de psychiatres, de psychologues, d'une infirmière, de spécialistes en addictologie, d'intervenants en dépendance, de stagiaires, de surveillants, sans oublier l'équipe de nettoyage et de maintenance et les cuisiniers. Certains stagiaires et surveillants se relayant afin d'assurer une permanence 24/24.
Théoriquement, ce n'est pas de l'enfermement. Nous sommes libres de sortir tous les jours, cependant c'est fortement déconseillé dès le début. En cas de sortie, le pensionnaire doit être accompagné et se soumettre dès son retour à tous les tests correspondants aux substances décelées à son jour d'arrivée. Dans mon cas ça voulait probablement dire pipi test, ethylomètre et prise de sang pour les enzymes GamaGT tout ça pour sortir une demi heure. On comprend alors que beaucoup n'ont pas faits usage de leur droit de sortie. Le peu qui l'on fait en ont pour la plupart profité pour faire des entorses à leur engagement. Il faut comprendre qu'à ce moment-là, même si je suis déterminé à en finir avec la bouteille, toute tentation aurait été difficile à gérer. L'abstinence n'est pas inconfortable, mais au début il faut mieux être dans un environnement protégé.
Une chose à savoir, c'est que je suis entré en cure, dans le but de stopper ma consommation excessive d'alcool, j'aurais par contre bien voulu continuer à fumer un petit pétard conique de temps en temps. Mais il ne faut pas rêver. C'est tout où rien. D'ailleurs, il en va de la guérison des autres pensionnaires, la plupart sont là pour l'alcool, mais pas tous, d'autre pour l'herbe, ou l'héroïne, ils acceptent même les accros au sexe ou au jeu je suppose. Certains, comme moi d'ailleurs, cumulent les addictions.
En parlant de sexe c'est interdit dans la maison, tout comme le téléphone portable, l'ordinateur et tout ce qui peut amener à un contact vers l'extérieur. Les relations "privilégiées" sont d'ailleurs sanctionnées (pas de sortie du weekend).
Le premier weekend se passe à l'intérieur, le deuxième est accordé seulement en cas de bonne conduite. Mais il y a diverses activités proposées dans le cadre de la fondation, des sorties bowling ou cinéma, visite de musée on peut tout demander. Un terrain de pétanque est à disposition, (le pastis n'est pas fournis), un billard, un sauna et quelques autres truc sont disponibles à volonté. Il n'y a pas de couvre-feu. La fumée est interdite dans le bâtiment, mais une petite pièce y est dédiée.
Les groupes de paroles sont les activités les plus difficiles. Nous sommes généralement des petits groupes de cinq à six personnes. Beaucoup de choses se disent, parfois de gros morceaux sortent, sur l'enfance d'un tel qui a subit des abus, ou autres choses sordides. Mentalement c'est très éprouvant, les gens arrivent avec leur valises pleines de casseroles. Mais les liens se resserrent et les groupes deviennent très soudés, un peu comme une famille. Il peut y avoir des conflits aussi.
Le soir on en reparle en jouant à un Trivial Pursuit, ou autour du billard parfois l'émotion est à son comble, la somme de souffrance autour de moi était parfois considérable, des concepts comme le désespoir peuvent devenir palpables au point de raréfier l'atmosphère. Les langues se délient au fil des jours, chacun raconte son histoire et la redécouvre dans un environnement protégé.
Au fur et à mesure les progrès se font sentir et une évaluation régulière de nos répondants nous est soumise. L'émotion est hissée au rang de valeur fondamentale pour notre rétablissement, le but étant de la mener à son paroxysme. On cherche clairement à nous faire craquer. La seule évasion possible est la salle télé, mais là encore, c'est en commun.
Cet examen de conscience est sans doute le plus long et le plus intense que je ferai de ma vie.
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L'arrivée à la fondation
J'ai fini par accepter de faire mes bagages.
Lors de l'un des entretient mensuels, l'assistante sociale m'a tendu un dépliant pour une fondation qui propose des programmes de sevrage à 100 km de chez moi.
Je dois dire que j'ai eu un peu de mal à accepter, mais d'un autre côté je sentais que je n'avais pas de réelle alternative, toutes les autres possibilités ayant échouées ou me plaisant encore moins.
Une place était disponible quelques jours plus tard. J'ai averti ma famille et j'ai fait mes bagages. Ma mère était vraisemblablement soulagée, elle qui m'avait toujours soutenu, se rendait bien compte qu'elle ne pouvait pas m'aider concrètement et qu'il fallait s'en remettre à accepter l'aide des professionnels.
J'ai décidé de prendre de l'avance sur le programme, la semaine précédant mon entrée en cure, j'ai invité des amis pour un dernier repas arrosé. Une fondue au fromage accompagnée de vin blanc. Ou plutôt du vin blanc accompagné de Fondue. C'était ma dernière cuite.
J'ai pris le train, puis le bus jusqu'à l'arrêt indiqué sur le dépliant et trainant ma valise dans la nuit tombante je me suis dirigé vers l'institution où j'allais passer le prochain mois, quasiment emprisonné.
Un petit rassemblement s'était formé sous le portique de la fondation et un occupant du bus que j'avais pris, me suivait de peu, une guitare en bandoulière et portant quelques baluchons. Les présentations se font, comme dans un club ou l'on sait que les autres ont la même passion, bien que dans ce cas, c'était plutôt le même problème. L'établissement est assez grand et l'architecture est de bon gout, ça peut paraître un point de détail, mais lorsqu'on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé, c'est plutôt rassurant. Une grosse chaine délimite l'unique zone d'accès, le bâtiment lui-même formant plus ou moins une cour en U.
Quelques instants plus tard, nous sommes accueils, par un intervenant du programme, on referme les portes derrière nous et l'on nous montre la cafétéria et l'on nous amène par groupe de deux à nos chambres. Je partage la mienne avec un gardien de prison, non pas que la fondation en soit une, mais bien parce qu'il est là pour les mêmes raisons que moi. Je suis assez mal à l'aise de devoir partager, pas seulement ma chambre, mais tout le reste avec des gens que je ne connais ni d'Adam, ni d'Eve.
Même si je flippe complètement, je sens pour la première fois que je suis entre de bonnes mains et quelque chose me dit que j'ai fait le bon choix.
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Lors de l'un des entretient mensuels, l'assistante sociale m'a tendu un dépliant pour une fondation qui propose des programmes de sevrage à 100 km de chez moi.
Je dois dire que j'ai eu un peu de mal à accepter, mais d'un autre côté je sentais que je n'avais pas de réelle alternative, toutes les autres possibilités ayant échouées ou me plaisant encore moins.
Une place était disponible quelques jours plus tard. J'ai averti ma famille et j'ai fait mes bagages. Ma mère était vraisemblablement soulagée, elle qui m'avait toujours soutenu, se rendait bien compte qu'elle ne pouvait pas m'aider concrètement et qu'il fallait s'en remettre à accepter l'aide des professionnels.
J'ai décidé de prendre de l'avance sur le programme, la semaine précédant mon entrée en cure, j'ai invité des amis pour un dernier repas arrosé. Une fondue au fromage accompagnée de vin blanc. Ou plutôt du vin blanc accompagné de Fondue. C'était ma dernière cuite.
J'ai pris le train, puis le bus jusqu'à l'arrêt indiqué sur le dépliant et trainant ma valise dans la nuit tombante je me suis dirigé vers l'institution où j'allais passer le prochain mois, quasiment emprisonné.
Un petit rassemblement s'était formé sous le portique de la fondation et un occupant du bus que j'avais pris, me suivait de peu, une guitare en bandoulière et portant quelques baluchons. Les présentations se font, comme dans un club ou l'on sait que les autres ont la même passion, bien que dans ce cas, c'était plutôt le même problème. L'établissement est assez grand et l'architecture est de bon gout, ça peut paraître un point de détail, mais lorsqu'on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé, c'est plutôt rassurant. Une grosse chaine délimite l'unique zone d'accès, le bâtiment lui-même formant plus ou moins une cour en U.
Quelques instants plus tard, nous sommes accueils, par un intervenant du programme, on referme les portes derrière nous et l'on nous montre la cafétéria et l'on nous amène par groupe de deux à nos chambres. Je partage la mienne avec un gardien de prison, non pas que la fondation en soit une, mais bien parce qu'il est là pour les mêmes raisons que moi. Je suis assez mal à l'aise de devoir partager, pas seulement ma chambre, mais tout le reste avec des gens que je ne connais ni d'Adam, ni d'Eve.
Même si je flippe complètement, je sens pour la première fois que je suis entre de bonnes mains et quelque chose me dit que j'ai fait le bon choix.
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samedi 1 janvier 2011
La première tentative de sevrage
Ma première victoire se transforme assez vite en échec...
Après en avoir parlé avec l'assistante sociale, j'ai décidé de consulter un médecin généraliste pour tenter d'en finir avec l'alcool. Il m'a proposé l'Antabus, un médicament dont le but est de rendre malade, si l'on boit de l'alcool par-dessus. J'ai refusé, car je pensais qu'il fallait que j'arrête sans cette épée de Damocles. Il m'a tout de même prescrit des anxiolytiques à base de benzodiazépine afin de limiter les effets du manque et un antidépresseur pour éviter les risques de suicide.
J'habitais en collocation et mon colocataire buvait pas mal lui aussi, bref il y avait toujours de la bière au frais. L'abstinence aura duré un mois, c'était une victoire dans le sens où je m'étais prouvé que je pouvais me passer de tout ça. Mais j'ai recommencé et j'avais une dépendance en plus, les fameux Seresta, ces petites pilules anxiolytiques. Ca me calmait mes troubles nerveux. J'étais sujet aux attaques de panique depuis quelques années. C'est une maladie psychologique qui se manifeste très soudainement, plusieurs fois par semaine, j'étais en proie à l'une de ces crises qui me donnait l'impression que j'étais en train de mourir. Tout se troublait dans ma tête et je devais faire face à des angoisses énormes. Au point de m'écouler au sol quelquefois.
Malheureusement c'était une dépendance de plus et ce n'était pas pour arranger mes affaires.
J'ai continué ce cocktail alcool - médicaments pendant neuf mois, je prenais jusqu'à 10 comprimés par jour. J'ai pris des telles gifles que je ne me souvenais plus de rien le lendemain. Mon état était encore pire qu'une année auparavant. Je me sentais mourir à petit feu. J'avais d'horribles brûlures à l'estomac, des hémorroïdes, je vomissais de la bile et les attaques de panique devenaient de plus en plus fréquentes. Mon visage avait 10 ans de trop et je sentais que je perdais de plus en plus de mes facultés comme la mémoire, je ne reconnaissais plus les gens, je ne me souvenais plus du nom de mes amis.
Le réseau social
Les premières personnes qui m'ont aidées.
Lorsque j'ai pris conscience que j'étais au fond du trou, je n'avais personne de compétant pour me conseiller. Je n'avais pas consulté mon médecin traitant depuis une dizaine d'année, il faut croire que je me soignais avec ce qui me tombait sous la main ;-).
Mon état m'entraînait petit à petit dans la misère et je n'étais pas foutu de garder un boulot. Comme je n'avais pas un sous et que je buvais le peu qui restait: je me suis fait expulser du studio où je vivais.
J'ai fini par pousser la porte des services sociaux (je suis Suisse). A ce moment-là je me levais déjà parfois la nuit pour boire. Je dois dire que j'ai repoussé ce moment au maximum, mais là je n'avais plus d'autre choix.
Dès la première rencontre avec celle qui allait devenir mon assistante sociale, j'ai eu une très bonne surprise, elle dégageait ce truc, c'était difficile à expliquer. Il y avait de la sévérité sur son visage, mais elle ne me jugeait pas. Elle m'expliquait un tas de procédures, mais ses yeux n'étaient que compassion. Elle m'a tout de suite mis au parfum: Ici c'est donnant-donnant ! Si tu veux que l'on t'aide, tu vas devoir faire des efforts. Je lui ai tout de suite fait confiance.
Quelques mois plus tard, je suis allé la voir et lui ai dit: J'ai un problème avec l'alcool, je n'arrive pas à garder un boulot. Elle m'a pris un RDV avec une dame de la fondation vaudoise contre l'alcoolisme.
J'ai dû la voir trois ou quatre fois, elle me conseillait de suivre une cure de désintoxication, mais à ce moment-là je dois dire que je n'étais pas très chaud, j'avais tendance à minimiser le problème.
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Lorsque j'ai pris conscience que j'étais au fond du trou, je n'avais personne de compétant pour me conseiller. Je n'avais pas consulté mon médecin traitant depuis une dizaine d'année, il faut croire que je me soignais avec ce qui me tombait sous la main ;-).
Mon état m'entraînait petit à petit dans la misère et je n'étais pas foutu de garder un boulot. Comme je n'avais pas un sous et que je buvais le peu qui restait: je me suis fait expulser du studio où je vivais.
J'ai fini par pousser la porte des services sociaux (je suis Suisse). A ce moment-là je me levais déjà parfois la nuit pour boire. Je dois dire que j'ai repoussé ce moment au maximum, mais là je n'avais plus d'autre choix.
Dès la première rencontre avec celle qui allait devenir mon assistante sociale, j'ai eu une très bonne surprise, elle dégageait ce truc, c'était difficile à expliquer. Il y avait de la sévérité sur son visage, mais elle ne me jugeait pas. Elle m'expliquait un tas de procédures, mais ses yeux n'étaient que compassion. Elle m'a tout de suite mis au parfum: Ici c'est donnant-donnant ! Si tu veux que l'on t'aide, tu vas devoir faire des efforts. Je lui ai tout de suite fait confiance.
Quelques mois plus tard, je suis allé la voir et lui ai dit: J'ai un problème avec l'alcool, je n'arrive pas à garder un boulot. Elle m'a pris un RDV avec une dame de la fondation vaudoise contre l'alcoolisme.
J'ai dû la voir trois ou quatre fois, elle me conseillait de suivre une cure de désintoxication, mais à ce moment-là je dois dire que je n'étais pas très chaud, j'avais tendance à minimiser le problème.
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Alcool et autres "Paradis artificiels"
Je suis malheureux, malade, seul et fauché. Comment ai-je pu en arriver là ? Moi qui pensait être si malin !
J'ai commencé comme beaucoup de gens à l'adolescence, je devais avoir 15 ans. On allait prendre nos premières cuites. C'était la découverte du monde. On en a fait des noces, les 400 coups je dirais même. Je ne regrette pas, je me suis bien amusé.
C'est comme cette incroyable propension à déclarer une soirée réussie en faisant le compte des bouteilles descendues et les flaques de vomis. En fait, j'ai jamais su dire stop, j'en ai jamais assez.
Tous les week-end je me met minable jusqu'à rentrer à quatre pattes. C'est devenu d'une banalité. Et puis ça déborde sur la semaine, il y a le jeudi soir, très apprécié des connaisseurs. Et puis je me lamente sur le dimanche soir, pourquoi personne ne fait la fête ce jour-là ?
J'avais entendu dire qu'après 25 ans le corps ne se régénère plus, il se dégrade plutôt et qu'à partir de là tout ce qu'on lui inflige nous est refacturé un peu plus tard. Mais voilà je les ai ces fameux 25 ans et c'est comme un rêve qui tourne au cauchemar, je ne peux plus m'arrêter. Je voudrais bien, mais c'est pas si simple. C'est que j'ai surenchéris, quelques pétards de skunk quotidiens depuis 10 ans, deux trois trips au festival, quelques extas en soirées. Et v'la que je met pas le nez dans la poudre...
Vous devez vous dire que je cumule ! C'est que ça va avec le milieu que je fréquente, mes amis c'est ma famille, et il faut bien essayer, je ne vais quand même pas mourir con. Peut-être pas con, mais mourir tout court.
Je me sens de plus en plus mal, mal à la tête, mal dans ma tête, mal dans ma peau, mal en société, malade et je fais du mal aux autres, ben oui imaginez, ma famille n'a pas demandé d'endurer ça.
Mais j'ai cette idée fixe, j'ai 25 ans et j'arrête tout.
Ce blog va raconter comment s'est passé ce virage à 180°, j'ai maintenant 32 ans et ma vie à changée du tout au tout. Pour moi c'est du passé et c'est même devenu une belle histoire je l'espère.
J'espère que cela inspirera des personnes qui ont les mêmes problèmes que j'ai eus, ou encore mieux que cela puisse éviter à d'autres de tomber dans ces pièges.
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